Il était une fois la Clinique Juridique…

Arrive la fin de l’année calendaire et surtout la fin de la semaine, on se sent fatigué, las et ce sentiment de hâte d’arriver au weekend end. Pour moi… C’est avec impatience que j’attends mes permanences le vendredi en fin de journée.

Entre mon travail à temps plein et mes révisions pour le CRFPA la fatigue devrait prendre place en fin de semaine mais au contraire c’est la hâte qui me vient. Retrouver mes collègues, notre local et surtout échanger sur tous nos projets concernant la Clinique. Nous avons l’opportunité de proposer des projets juridiques à travers notre statut de simple étudiant en droit. La Clinique Juridique nous permet de ne plus se sentir simple étudiant mais un Etudiant qui à l’opportunité de faire évoluer les choses à son niveau en aidant autrui à travers une passion que l’on a tous en commun : le droit. Nous avons tous un autre point en commun : la solidarité.

La Clinique Juridique c’est une histoire, un échange entre étudiants en droit issus de la L2 au master 2 en passant par ceux qui préparent le CRFPA. Tout le monde apprend chaque jour et tout le monde se nourrit des expériences des uns et des autres. La Clinique Juridique c’est une unicité de valeur : le partage.

La Clinique Juridique c’est aussi une expérience qui nous fait se révéler soi-même.

Qui sommes nous? Quelle est notre mission? Nous sommes des étudiants qui recevons des justiciables qui se présentent spontanément. Nous leur délivrons une analyse juridique sur leur situation sous contrôle de nos professeurs et d’avocats. En d’autres termes nous faisons de l’assistance juridique solidaire, tel est l’esprit de la Clinique Juridique.

On se soumet au domaine juridique qui se présente.  Le terme « soumettre » n’est en rien péjoratif, je m’explique : Il en découle que nous faisons des recherches sur des matières avec  lesquelles nous n’avions aucune affinité ou qui nous étaient jusqu’alors inconnues. A partir de là nait l’affinité, l’apprentissage d’une matière qu’on n’avait encore jamais étudié. Ou encore une matière que l’on avait aperçu qu’à travers l’aspect théorique et que l’on découvre sous un autre jour à travers un aspect pratique.

La Clinique c’est une révélation sur ce en quoi on est doué juridiquement. On pense vouloir faire  par exemple du droit social ou encore du droit des affaires… une fois face à un sujet complètement étranger à notre spécialité ou encore à l’opposé des matières que l’on aime en théorie, il s’avère qu’une fois en pratique nait une vocation pour une spécialité qu’on ignorait alors.

Il était une fois la Clinique Juridique qui fait naître des vocations chez ses cliniciens, il était une fois une carrière sauvée pour certains.

 
Donia Jaouani

Et le travail paya

Son premier cours commence à 9 heures, le dernier finit à 18 heures. Il ne s’en sort pas si mal, ça aurait très bien pu être 21h00. Des journées de cours qui commencent à 9h00, et qui finissent à 21h00, ce n’est pas si rare.

Sans compter qu’il n’habite pas tout près de la Fac, qu’il a un job étudiant, et que, de toutes les façons, devoirs et révisions l’attendent chaque soir.

Ses journées sont donc pour la plupart longues et bien chargées.

Pourtant il a décidé d’en faire plus. Il a décidé que le droit, la justice, et surtout ceux qui y sont confrontés chaque jour méritaient qu’il en fasse plus. Car c’est bien l’aspect pratique de cet enseignement qui en fait une plus-value. L’étudiant « clinicien » est aux prises avec le monde du droit et avec les justiciables y étant confrontés. Il apporte des réponses juridiques aux problèmes qu’ils soumettent à l’attention de la Clinique Juridique.

Sans volonté de rétribution autre que l’assurance de la pertinence de son engagement social, il s’est donc investi dans la Clinique Juridique. Il y effectuera le très honorable, et le conséquent, travail que l’on sait.

La démarche, puisque bénévole, était donc d’autant plus courageuse. C’est ce courage que les professeurs de la Clinique et l’UFR droit de Paris 8 ont décidé de récompenser.

Ainsi, pour cet étudiant de la Licence 3 de droit, la Clinique Juridique devient un crédit européen (ECTS). Dès lors, elle participe, au même titre que les autres enseignements plus théoriques, à l’obtention de sa Licence de droit.

Ce faisant, la Clinique Juridique est promue en devenant une option pré-professionnalisante reconnue dans la formation académique de la Licence de Droit.

Cette reconnaissance, évidement, ravit l’étudiant. C’est son travail et son investissement qui sont ainsi reconnus et consacrés. Elle l’a surpris aussi. Il ne s’attendait pas à être récompensé, encore moins ainsi.

Cette officialisation séduit aussi la Faculté de droit de Paris 8. La voilà dotée d’un atout indéniable, d’une originalité qu’elle est, à ce jour, la seule à détenir. Elle se différencie ainsi des autres facs en se dotant de cet enseignement. La Clinique Juridique place ainsi l’UFR droit au premier plan de l’enseignement juridique en France.

À plus grande échelle, cette officialisation de la Clinique juridique devrait aussi ravir le monde du droit. Car, in fine, c’est bien pour le servir lui, et lui seulque la Clinique Juridique a vu le jour en permettant à des étudiants de découvrir l’un des exercices des professions judiciaires.

En se pérennisant ainsi, la Clinique offre à notre discipline l’assurance de continuer son œuvre, de continuer à la servir, de continuer à former efficacement de futurs professionnels, et surtout de continuer à permettre l’accès au droit à ceux qui sont les plus désarmés face à lui.

Cécile Langaney

Nouveau tournant

Puisque l’heure est printanière, la Clinique, hier encore chrysalide, devient aujourd’hui papillon. Elle évolue et en ce mois de mars 2014 et se dessine un nouveau profil.

Quel en est l’élément déclencheur de cette métamorphose ?

Le départ en stage de ses étudiants de 3ème année. 11 des 15 membres d’origine retirent en effet leur habit de clinicien pour enfiler celui de stagiaire. Le succès de la Clinique et l’enchaînement des dossiers rendaient indispensable le recrutement de nouveaux membres.
L’association en a donc profité pour élargir ses rangs, et souhaite ainsi la bienvenue à 7 nouveaux membres, de Licence 2 au Master 2.
Les cliniciens se renouvellent, et les horaires de permanences aussi
La Clinique vous ouvrira désormais ses portes de 15h00 et 19h00 les lundi et mardi, et de 08h00 à 12h00 les mercredi, jeudi, et vendredi.
Elle tient surtout à remercier ses dévoués étudiants initiaux de L3, qui, parallèlement à leurs nouvelles fonctions, lui ont promis de continuer à apporter leur aide au traitement des dossiers.Plus d’étudiants à la disposition du public, et des horaires mieux adaptés, tels sont donc les nouveaux atouts de la Clinique Juridique pour assurer, toujours plus efficacement, ses missions.

Cliniquement vôtre,

15 étudiants, 4 mois, 52 dossiers

« Ce qui serait bien, ce serait d’arriver à traiter trois ou quatre cas durant l’année »

Trois ou quatre dossiers sur l’année universitaire 2013-2014, voilà l’objectif que nous, membres de la Clinique Juridique, nous étions fixé durant l’été, lorsque nous mettions sur pied ce qui n’était alors qu’un beau projet, et qui s’avère être aujourd’hui un réél succès.

Car en ce 3 février 2014, quelques 3 mois après son ouverture officielle, la Clinique enregistre son 50ème dossier traité ! 50 personnes se sont présentées à nous pour obtenir une aide juridique à leur situation. Un peu plus même si l’on compte les personnes souhaitant agir contre l’Université ou encore bénéficier d’une information alors qu’elles avaient déjà un avocat. Dans ces deux cas, par principe, la Clinique refuse toute intervention.

Droit immobilier, droit du travail, droit fiscal, droit des étrangers, droit de la famille, droit bancaire, droit des sociétés… les domaines abordés sont aussi nombreux que les situations qui nous ont été soumises.

Alors que pouvons nous tirer, nous, étudiants, d’une si riche expérience ?

Tout d’abord, bien sur, notre mission de clinicien est une source considérable d’apprentissage. La diversité des situations rencontrées nous amène à nous confronter à des branches du droit au sein desquelles nous devons essayer de naviguer avec le plus d’assurance possible. Bien entendu, et fort heureusement, nous ne sommes jamais seuls dans cette mission. Enseignants et autres praticiens du droit nous apportent toujours leur concours et leurs connaissances, et nous les en remercions sincèrement.

Cependant, l’apprentissage n’est pas seulement théorique. Il est aussi pratique. Informations juridiques et rédactions de courriers d’analyse générale nous sont aujourd’hui bien plus familiers qu’à tout autre étudiant de notre niveau et nous appréhendons ainsi un peu plus chaque jour ce qui sera peut-être notre quotidien futur : le métier de juriste.

Mais la Clinique, outre son aspect formateur, est également source d’épanouissement social. De par notre travail, nous contribuons à l’intérêt général, et les personnes que nous rencontrons nous le rappellent tous les jours. Toutes sont admiratives de notre initiative et toutes nous remercient de l’avoir concrétisé.

Alors certes, le rôle de membre de la Clinique Juridique représente un travail important : entretiens avec les personnes, synthèses des situations, recherches législatives, jurisprudentielles et doctrinales, organisations des idées, rédactions de documents, correction, re-correction et parfois re-re-correction, le tout fait bénévolement à concilier avec nos études.

Pour autant, le bénéfice est trop grand, et la fierté plus grande encore.

Aucun de nous n’a douté, un jour, de la beauté de notre projet, et plus les dossiers continueront d’affluer, plus cette conviction en sera renforcée.

Cécile Langaney

Du pourquoi de la clinique juridique

Cher public, chers lecteurs,

Si votre imaginaire fonctionne comme le mien,  vous avez très certainement eu en tête la même image que moi lorsque l’on vous a parlé de notre Clinique Juridique : des étudiants en blouse blanche, vous accueillant dans un laboratoire aseptisé pour faire subir à des cobayes une batterie d’obscurs tests en rapport plus ou moins direct avec l’univers juridique. 

Sachez donc que bien évidement, et fort heureusement, rien de tout cela n’arrivera chez nous. Pour autant, si l’univers médical n’est pas le notre, la comparaison avec celui ci existe bel et bien.

Notre Clinique juridique est bien une clinique et nous, étudiants en droit, en sommes ses internes et ses professionnels en formation. Car comme les internes en médecine qui mettent en pratique leur cours d’anatomie et de biologie au sein des hôpitaux, assistant de vrais médecins sur de vrais patients, nous, nous mettons en pratique nos cours de droit. Et si nous le faisons, c’est pour les mettre à la disposition d’un public réel, celui  de la Seine-Saint-Denis, et toujours avec le concours de réels professionnels, qui, comme de réels médecins, apportent aide et conseil à leurs internes. Nous visons de résoudre leurs problèmes juridiques du mieux que nous le pourrons.

Nul autre terme que la « Clinique » était donc mieux adapté pour décrire la mise en pratique du droit que nous mettons en œuvre au service des populations vulnérables.

Cécile Langaney